Saint-Anne et la Vierge Marie portant l’enfant Jesus et l’agneau.

« Mais qui est Saint-Anne? »

Une question récurrente qui m’a beaucoup été posée…

Anne, signifiant « grâce » ou « pleine de grâce », elle est traditionnellement considérée comme la mère de Marie et donc la grand-mère de Jésus. Bien qu’elle n’apparaisse pas dans la Bible, elle est vénérée comme la sainte protectrice des mères ainsi que la sainte patronne des grands-parents.

À bien des égards, les grands-parents sont perçus comme de véritables anges gardiens, toujours prêts à se sacrifier pour le bien de ceux qu’ils aiment, veillant sans relâche sur leurs enfants et leurs petits-enfants avec toute leur force et toute leur affection. C’est ce thème que j’ai souhaité explorer à travers la représentation que j’ai réalisée de sainte Anne.

Marie, signifiant « aimée par le Seigneur », née de la promesse d’un ange, d’une fille qui aurait changée l’histoire du monde pour toujours. La tradition rapportant Sainte-Anne comme étant pendant longtemps stérile, elle serait elle aussi née sans péché, de manière miraculeuse, d’un simple baiser. Ce qui en fait d’elle aussi la sainte patronne des femmes enceintes, des mères et des accouchements impossibles.

Pour d’avantage d’information sur ce sujet, je vous invite à la lecture de nombres d’ouvrages, études ou publications qui lui sont consacrés.

Une Sainte-Anne trinitaire :

Cette œuvre s’inscrit dans une tradition iconographique bien précise, appelée la Sainte-Anne trinitaire, apparue à partir du XIIIᵉ siècle et ayant évolué au fil des siècles à travers de nombreuses sculptures et peintures. Ses caractéristiques iconographiques visent à exprimer la dépendance physique ainsi que la filiation de Marie et de Jésus envers Sainte-Anne.

À mes yeux, cette représentation symbolise avant tout l’héritage, la transmission entre les générations et le respect que nous leur devons.

Ayant toujours été très attiré par les travaux de Leonard Da Vinci, « La Vierge, l’Enfant Jésus et sainte Anne » fut l’un d’entre-elles, complice à la décision de création de cette œuvre, appuyant l’idée de l’agneau aux côtés de Jésus.

L’histoire de l’oeuvre :

Pour en savoir plus sur l’origine de cette série d’œuvres consacrées à la Vierge, je vous invite à lire un autre article que j’ai rédigé, intitulé « L’origine de ces œuvres de la Vierge ».

Ce paragraphe fait donc suite à cet autre article.

Une fois ce premier cycle de création achevé, j’étais déjà à la recherche de la prochaine œuvre à réaliser. Sans vraiment pouvoir l’expliquer, je m’étais fixé comme objectif d’en créer douze, j’en étais alors rendu à devoir en concevoir la neuvième. La huitième étant plus simpliste, tel un retour aux origines, j’avais comme désir de faire quelque chose de plus grand, de plus élaboré, suivant les traces de la septième d’une certaine forme par l’arrivée des couleurs dans la série. Sans savoir où aller, je cherchais, priais et étudiais pour trouver cette chose qui pourrait ancrer ma décision de créer. Pendant cette période, les rêves s’intensifiaient, le temps semblait être d’une importance capitale dans ma létargie… Perdu, c’est au moment de l’abandon, de l’acceptation de ma petitesse que tout s’est révélé.

Tout cela peut sembler fou, mais je me suis retrouvé d’un seul coup dans un espace vide, noir, tel hors du temps, avec seulement cette oeuvre en face de moi. La première chose que j’aperçus fut ce cadran aux multiples couleurs car seul un rayon de lumières existait, passant par derrière l’oeuvre et la transperçait tel un vitrail pour s’écraser sur moi de ses différentes couleurs, alors que la partie basse de l’oeuvre semblait opaque. Je n’y voyais non pas seulement la vierge mais aussi l’enfant Jésus dans ses bras et Sainte-anne au dessus d’elle, que je ne connaissais pas encore moi non plus à cet instant, avec au dessus une colombe, toujours présente, ainsi que toutes ces fleurs qui entouraient la vierge. Tout n’était qu’un flash mais j’avais l’impression d’y avoir passé plusieurs minutes.

Lors du retour à la réalité, mon premier réflexe fut de prendre une feuille et un crayon afin de dessiner et de noter le plus de détails possible de cette œuvre que je venais de voir.

J’ai donc passé plusieurs mois à étudier, dessiner, composer, comprendre afin de enfin pouvoir matéraliser et créer ce que j’avais vu. Le résultat n’en est que le fruit du travail que j’ai réussi à accomplir, tentant aussi fidèlement que possible cette oeuvre vers laquelle j’ai été guidé pas après pas. Car je dois dire que l’entièreté de cette oeuvre fut construite sous de nombreuses « interférances » qui me semblaient tout bonnement incompréhensibles à l’époque, mais qui au final guidaient la construction de l’oeuvre vers la destination dont elle était supposée atteindre…

Explication « minimaliste mais détaillée » de l’oeuvre :

Du point de vue technique, cette œuvre rassemble différentes techniques différentes tel la gravure, le sablage, le laquage, l’aérographe, la dorure, le collage UV, le vernissage ainsi que de mes connaissances en peinture traditionnelle et dessin.

Au delà de l’aspect graphique et technique de celle-ci, tout porte sa propre symbolique. Des
couleurs, aux formes, aux nombres, à la composition, à leurs emplacements, aux choix des animaux,
des plantes, fleurs, objets, de leur visibilité et bien évidemment, de ses personnages.

L’œuvre s’articule autour de plusieurs dualités symboliques :

Sa partie haute et sa partie basse représentent l’immatérialité et la matérialité. Par la partie avant représentant l’être, la vie, le moment présent alors que l’arrière de l’œuvre représente le chemin ou plutôt le choix,  » la symbolique même », le caché. L’opposition entre la gauche et droite est encore une fois une représentation de la dualité et du choix derrière le chemin : du positif et négatif, du bien et du mal, de la vie et de la mort, … A l’intérieur de chacune de ces parties se retrouve encore une fois une forme de dualité : à l’avant, de retrouver la lumière et l’ombre mais aussi de « l’intérieur » et de « l’extérieur », alors qu’au dos, de retrouver le « beau » temps et le « mauvais » temps par la gauche et la droite. Montrant d’une certaine façon qu’il y a du bon dans le mauvais, ainsi que du mauvais dans le bon. Plutôt que d’opposer ces notions de manière binaire, comme un simple oui ou non, l’œuvre cherche à les représenter dans toute leur complexité, à l’image d’un dégradé, d’un spectre reliant deux extrêmes et où les différentes dimensions se rencontrent, s’entrecroisent et se confrontent selon une multitude de points de vue.

Pour commencer, parlons de la face avant de l’oeuvre. Dans cette composition, la notion du temps est représentée sous plusieurs formes :

Le temps cyclique est symbolisé par le cadran, ou la roue dorée, qui présente douze emplacements principaux, à l’image des heures d’une horloge. Chacun est associé à un archange ainsi qu’à la pierre semi-précieuse qui lui est attribuée. À cela s’ajoutent soixante emplacements secondaires représentant les anges, portant ainsi leur nombre total à soixante-douze. Ils en sont également le symbole de la synchronicité, du « timing parfait ». Il est aussi représenté par les 24 triangles entourant le soleil, ne faisant qu’un. Je ne vais pas expliquer toute la géométrie et les nombres liés mais tout tourne autour du trois.

Le temps générationnel est représenté par sainte Anne, la grand-mère, Marie, la mère, et Jésus, le fils. Cette succession de générations devient le symbole de l’héritage, de la transmission et de l’évolution.

Le temps qui passe est quant à lui évoqué de plusieurs façons également, à travers le positionnement des bras de saint-anne tel les aiguilles d’une montre, mais aussi par la composition du corps de sainte Anne et par celle des fleurs, qui dessinent ensemble la forme d’un sablier. Celui-ci symbolise le temps qui s’écoule, identique pour les êtres humains comme pour la nature, sans cesse renouvelée dans un présent toujours en mouvement. Le sablier est également un symbole d’infini, de renaissance, de mort et de nouveaux commencements, tout comme celui du cercle que forme l’horloge.

Comme vous l’avez probablement remarqué, la moitié supérieure de l’œuvre est translucide. Elle représente le monde immatériel, auquel appartient sainte Anne, car décédée avant la naissance de Jésus. À l’inverse, la moitié inférieure est opaque et représente le monde matériel, soulignant ainsi la coexistence de plusieurs dimensions.

Sur la moitié supérieure de l’œuvre apparaît la colombe, représentante physique de Dieu le père, mais plus souvent utilisée comme étant symbole du Saint-Esprit. Elle représente le fait que la représentation de Dieu et de l’esprit saint sont dans le tout. Elle symbolise l’amour qui unit le père à son fils et à sa création.
Elle a également été acceptée dans de nombreuses religions comme un symbole d’amour, de paix,
d’espoir et d’harmonie. Ici, elle est à l’origine d’un rayon apportant la lumière sur sainte Anne et sa
descendance : Marie et Jésus, impactant le reste de la « terre » de cette bénédiction divine.

Le soleil, lui, est un autre symbole divin, du verbe et de la puissance créatrice. Il représente la force
de l’esprit saint qui innonde et ordonne la création, il représente donc la vie et sa création, il représente aussi Jesus sous de nombreux aspects.

Du rouge à l’indigo, représentants des deux extrémités du spectre visible ou plutôt perceptible de la
lumière blanche ainsi que de ses vibrations, mouvements, ondes : symbole de propagation,
d’expansion et de transmission. L’un représente d’avantage l’icône du père créateur, alors que l’autre
de l’amour du père vers le fils ; dont la présence de Jésus, le fils.
Cette symbolique se retrouve dans le chemin visuel qui relie Dieu, la colombe, le soleil, puis sainte Anne, Marie et enfin Jésus, formant une continuité qui traverse le centre de la composition.

Pour moi, la Trinité a une grande influence. Elle représente, bien entendu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit : Du trois constituant le un. Elle peut à mes yeux aussi représenter la création, par le temps : passé,
présent et futur; mais peut également-être issue de différentes utilisations symboliques de la trinité comme en psychologie : du ça, surmoi et moi.

Les trois personnages de cette œuvre participent à cette symbolique :

Sainte-Anne, représentante des générations passées, ayant acceptées de faire partie de « l’invisible », mais également de dieu par le retour vers le père, elle bénie les générations futures d’un travail passé et transmis aux générations futures. Dirigée vers la colombe, dans une attitude de gratitude envers la grandeur de Dieu, tout en demeurant profondément liée à sa fille et à son petit-fils par les liens de l’héritage, du sang, la famille. Elle incarne la réception, la gratitude, mais aussi la grâce et elle en est représentée par le vert, couleur de l’amour inconditionnel.

J’aimerais toutefois avant de continuer donner une courte description de « la grâce » : Elle est la bienveillance absolument gratuite et inconditionnelle que Dieu témoigne à l’homme en l’appelant à partager sa propre vie. C’est par la grâce que Dieu nous sauve.

Pour le rouge, celui ci a une symbolique un peu plus complexe : Il a dans la bible plusieurs interprétations, le rouge du sang, en lien effectivement avec la passion du christ, mais aussi du sacrifice, au pardon de nos erreurs passées présentes et futures, de nos péchés, et à l’expiation du péché originel. Il est donc symbole du salut et de la justice, du sang versé sur la croix par l’agneau divin. Elle est également porteuse du symbole de pureté sur la tête, par le blanc.

Marie, représentée d’une mère protectrice et attentionnée. Elle tient et porte son attention sur son
enfant, portant le fardeau de leur mission avec amour, soutien et paix. Originellement le symbole de la foi et de l’humilité, elle est également représentée comme Reine des Cieux et son bleu roi montre son statut
royal en tant que Mère du Christ-Roi. Quant à sa couronne aux quinze branches « rayonnante » d’or, représente la future couronne qui lui sera attribuée, où elle fait également référence à son lignage royal avec la maison de David. La vierge est également vêtue de blanc, évoquant une nouvelle fois la pureté mais par le corps, soulignant sa virginité. Entourée d’or comme supposé dans la Bible ( cité à la fin ). La fleur d’oranger symbolique de la pureté de Marie et l’orange symbolique du monde, souvent
portée par Jésus.

J’aimerais parler rapidement de la couronne qui semble n’être qu’un simple détail mais qui à mes yeux porte une symbolique essentielle. Composée de quinze branches, elle fait d’abord écho au quinzième jour du mois lunaire, correspondant à la pleine lune. Dans la tradition chrétienne, Marie est souvent comparée à la lune, qui ne produit pas sa propre lumière mais reflète celle du Christ, le Soleil né d’elle-même. Le chiffre huit est, dans le christianisme, le nombre de jours après la Résurrection du Christ, du renouveau et de la nouvelle création, créant une structure où le sept, symbole de la création, de l’accomplissement et de la perfection, est à sa droite et à sa gauche, avant et après. Le huit représente donc ici « la nouvelle création » en Christ. De cette perspective, Marie devient le point de passage entre l’ancienne et la nouvelle alliance grâce au Christ, celle du salut qui se déploie vers toute l’humanité.

Jésus, ici enfant, représente l’enfant intérieur, quasi nu, arborant les couleurs de sa mère. Il
représente le verbe et la parole de Dieu. Il représente le mouvement de l’âme. Symbole de l’amour par excellence, l’incarnation de sa propre mission de foi, de vie et du salut.
Il est donc la représentation du « Crois en toi », « Suis ton chemin divin » et « Crois en Dieu » .
L’agneau en est cette parfaite représentation : Il symbolise l’innocence et la pureté, celui qui suit sans
savoir avec confiance. Il est le symbole du sacrifice : celui du Christ pour l’humanité, mais également celui que chacun est appelé à vivre en suivant Dieu présent en nous par l’Esprit Saint, dans la foi, sans en avoir la complète compréhension du plan divin. Il parle aussi du sacrifice de renoncer au passé pour un avenir meilleur et fructueux, apportant la rédemption et l’expiation des péchés, de nos erreurs, toujours présentes depuis notre plus tendre enfance.


En descendant nos yeux, nous atterissons sur les fleurs, la merveilleuse et belle nature qui porte notre regard au quotidien et qui en cache les messages de la divinité. Comme dans la nature, elles parlent sans bruit et cachent le mystère de la nature comme dans l’oeuvre. Elles entourent les personnages sans jamais leur voler la vedette. Leur présence rappelle que le divin s’exprime aussi dans ce qui paraît le plus simple. Elles représentent la beauté gratuite, le don grâcieux offert sans condition et existent simplement. Souvent les fleurs représentent aussi l’arrivée du fruit. Fragiles et éphémères, elles rappellent aussi que toute vie traverse un cycle de naissance, d’épanouissement et de renaissance. Elles font aussi référence à Matthieu 6,28-29. J’en laisse aux amateurs et passionnés de fleurs la possibilité de décortiquer la présence, symbolique et l’emplacement de chaque fleur tel des mots dans une phrase. Tout ce que j’en dirais sur celles-ci, c’est qu’elles sont porteuses d’un message d’amour, nous faisant comprendre que malgré tout ce qui ne va pas, tout va toujours bien, tout est toujours « ok » et nourrissent les autres symboliques, ce qui l’entoure. Je tends à vouloir parfois trop en expliquer et le symbole est puissant parce qu’il laisse une part de silence.

Les deux arbres, eux, sont comme dit précédemment, un symbole d’ascension vers le ciel. Symboles
de la vie en perpétuelle évolution, associés à son cycle annuel de vie, de mort et de renaissance. Elle accompagne la symbolique de l’évolution, porteuse de fruit et droite, elle connote également une référence à la croix. Le fait qu’il y en ait deux est également symbole de la dualité qui sous-tend la création…
Puis, en dessous, s’y trouve la représentation de la terre par son arc faisant parti du cercle que nous ne voyons pas fini, sortant du cadre de l’œuvre, elle en représente bien évidemment le contact avec le monde matériel et bien plus encore…

Le choix du verre n’est pas uniquement technique. Il fait partie intégrante de la symbolique de l’œuvre. Par sa transparence, il permet à la face cachée d’apparaître à travers la face visible, l’avant. Ainsi, le chemin n’est jamais totalement dissimulé, il se révèle subtilement au regard de celui qui prend le temps d’observer. L’avant et l’arrière dialoguent toujours, comme le visible avec l’invisible…
Tel est la transparence de l’être : Celui que nous sommes aujourd’hui laisse transparaître le chemin que nous avons parcouru, même s’il demeure caché aux yeux du plus grand nombre.

Tout en bas, une dernière dualité se présente, celle de la présence du bois qui fait dualité avec le verre qui elle même naturellement crée une trinitée avec la lumière. Ici, j’ai utilisé du bois d’Hêtre que je trouve aussi très symbolique également.
Le texte en bas de l’œuvre est une citation de la Bible : Luc 10:21 : « En ce moment même , Jésus
tressaillit de joie par le Saint-Esprit, et il dit : Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce
que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants.
Oui, Père, je te loue de ce que tu l’as voulu ainsi. »
Cette citation parle de ce que dieu enseigne à ceux qui portent en eux leur enfant intérieur, qui
suivent leur curiosité, sans peur, en y payant le prix de se tromper, de faire des erreurs nous menant
à plus grand et à une connaissance de l’expérience. L’enfant, lui, est humble et se remet facilement
dans la foi. Il montre également que : c’est la nouvelle vie qui apporte la solution ; grâce à la
curiosité, à l’action faite de façon innocente, remplie de bonnes intentions.

Toute la composition est construite autour d’une certaine verticalité, autant physique que spirituelle, invitant le regard à s’élever. Depuis la terre jusqu’à la colombe, chaque élément conduit vers le haut, dans un mouvement continu d’ascension. Les fleurs ouvrent le chemin, Marie le porte, Jésus l’accomplit, sainte Anne l’élève avec gratitude, le soleil en devient le rayonnement et la colombe son aboutissement. Elle symbolise le cheminement intérieur de l’homme vers Dieu à naturellement grandir, évoluer et transmettre.
Grâce au rayon de lumière et à la colombe, le regard redescend forcément vers les personnages, c’est dieu qui descend sur nous. Cette élévation du regard accompagne celle de l’âme : de la création à son accomplissement, de l’homme vers Dieu, tandis que la grâce descend de Dieu vers l’homme. Si l’oeuvre était « infinie », le rayon descendrait et engloberait les deux extrêmitées du socle représentant la terre. La lumière descend, l’homme, lui, monte et s’élève. Elle parle au final de la rencontre entre l’homme et le divin.

Ci-dessus, veuillez y trouver le dessin originel que j’ai crée pour faire la gravure à l’arrière de l’œuvre. J’aimerais donc en venir maintenant au dos de l’œuvre :

Pour en revenir maintenant au début de notre description, la dualité, encore une fois, est représentée entre la gauche et la droite. Il est intéressant de savoir qu’une grande partie est cachée par les fleurs, la nature des choses/le réel, ne pouvant vraiment découvrir l’entièreté de l’œuvre que par sa face cachée, son dos. Il est le concept même de « lire entre les lignes », de la symbolique dans la symbolique. Comme dit plus haut, il représente la variété de nos choix et de leurs conséquences parmi un grand panel de ce que l’on peut appeler « bon » ou « mauvais », « positif » ou « négatif » dans le monde divin. Au delà du choix, le dos de l’œuvre représente le processus qui conduit à l’état d’être, car elle contient déjà l’histoire qui l’a construite.

Si l’on se base sur la composition, on peut remarquer qu’elle est centrée sur le petit soleil de droite.
Presque tout y mène d’une façon ou d’une autre, commençant par le chemin :

De son origine en bas à gauche et de sa continuité vers la droite , il représente le parcours
initiatique. Il donne la direction jusqu’au pied de la montagne. Montagne qui dans la bible est le lieu
de rencontre entre l’homme et Dieu. Un lieu de la demeure divine, où la terre et le ciel se touchent.
Il représente une vérité stable et indestructible, un savoir sacré et éternel. Il est donc symbole
d’élévation spirituelle et de transformation, mais se présente dans l’œuvre comme étant également
une étape du chemin, car gravir la montagne, c’est aussi oser s’élever vers le soleil.

Dans la Bible, les nuages évoquent toujours des choses qui échappent à notre contrôle et à notre
connaissance, illustrant l’intervention de Dieu à des moments particuliers. Ils servent à exprimer la
transcendance divine, se tenant dans les hauteurs, formant une démarcation ou plutôt une sorte de
pont entre le ciel et la terre. ( Dont on peut en remarquer la démarcation avec la partie haute de
l’œuvre. ) Fournisseurs d’eaux vivifiantes, les nuages et la nuée ont également pour rôle de
dissimuler Dieu aux yeux des hommes et des femmes. Un nuage associé à la lumière est souvent
utilisé comme symbole du Saint-Esprit, caché à la vue mais toujours présent.

Le soleil présent au dos de l’oeuvre est ici symbole de victoire, de puissance de par son rayonnement rejetant les ténèbres. La composition menant au soleil, fait que notre regard porte sur celui-ci car visible depuis l’avant de l’oeuvre.

Sommes-nous propulsés hors de celui-ci ou sommes-nous capables d’avoir la force de nous centrer sur celui-ci ? Vers notre objectif, rêve et accomplissement personnel d’être heureux, vers notre abondance universelle.

Si nous revenons sur nos pas, plus bas dans la composition, en dehors du chemin tout droit tracé et de son « pas sage », nous découvrons tout ce qui peut nous en détourner. Ces éléments nous entraînent, d’une manière ou d’une autre, « vers la gauche ou vers la droite ».

Les rochers en sont un premier symbole. Ils représentent les obstacles qui entravent notre progression, nous obligent à ralentir, à contourner les difficultés ou parfois même à nous arrêter. Ils évoquent cette forme de stagnation qui nous empêche d’avancer sur notre chemin.

A gauche, ce qui nous interpelle le plus sont sans doute les éclairs, subtilement bleu rouge et jaune, tous convergent en un seul point. Ce choix fait écho à la Trinité, mais aussi à l’idée que des forces, des chemins ou des expériences apparemment différentes peuvent trouver leur origine ou leur aboutissement dans une même vérité. Leur convergence rappelle que, derrière la diversité des épreuves, des émotions ou des choix, demeure une unique direction vers laquelle tout tend. Le tonnerre est considéré comme des signes de la révélation, de la voix, du jugement et de la gloire de dieu à travers de multiples références dans la bible, que ce soit dans Exode, Psaume, Job, Samuel ou en Apocalypse, mais elle en est aussi un appel à la conversation. Placé à l’écart du chemin de lumière, il représente aussi ces moments où nos propres choix nous éloignent de ce qui nous est destiné. La peur, le doute ou l’épreuve peuvent devenir des obstacles, mais ils sont également des appels à revenir vers la lumière afin d’éviter aux hommes la destruction, la sentence, le jugement. Prévenu par l’arbre, symbole d’ascension vers le ciel et symbole de mort et de renaissance à travers l’évolution de ses cycles de vie, il en est aussi un lien à la croix.

Alors qu’à droite, tomber dans le courant, c’est se faire emporter par la norme, par la société, par le
regard des autres qui nous influençent nous et qui nous sommes, plutôt que d’entendre notre propre vérité intérieure, nous ramenant au final, au choix : sur le chemin, au pied de la montagne ou dans l’océan. L’océan, symbolique de ce tout qui nous lie tous et nous rend tel une petite goutte d’eau insignifiante et
inutile au milieu du tout. Elle reprend un passage de la Bible (ap 17:15) : « Les eaux que tu as vues,
[…], ce sont des peuples, des foules, des nations, et des langues ».

Une fois tombé dedans, jusqu’où laisserons-nous nous faire emporter par ce courant tumultueux ?

Un mot de fin…

Il y a encore tellement de choses à dire sur cette œuvre et j’aurais aimé en faire faire un texte plus profond, d’avantage axé sur la spiritualité qu’il y a derrière plutôt que de la description voir notice de cette oeuvre mais ce texte est ici pour cette raison en particulier.

Pour que ce texte reste un minimum digeste malgré déjà sa belle longueur et qu’il ne s’effondre pas sous le poids des symboliques « extras » et des autres œuvres l’ayant aidés à naître. Voici une courte liste des artistes inspirants qui m’ont accompagnés :

L. Da Vinci, N. Poussin, Raphael, J. Van Eyck, il Greco, Goya ou encore Rubens furent de vraies sources d’inspiration pour moi, en plus de toutes les sculptures, vitraux et fresques qui ont affirmés l’évolution de cette œuvre, complétée par les thèmes liés à la vierge Marie tels que la visitation, le couronnement, l’assomption et bien d’autres encore…

Beaucoup reste à dire, mais le principal est là ! J’espère que ce texte vous aura assez inspiré pour
entre-voir d’avantage de ses symboliques.

Cette oeuvre est pour moi plus qu’une simple oeuvre religieuse, mais bien une oeuvre initatique.

Je continue cela dit toujours à en apprendre d’avantage sur cette oeuvre qui m’a été présentée, peut-être que vous aussi vous aurez des choses à dire que je n’aurais même jamais déscellé moi-même.

Merci pour votre lecture.

Pierre-Charles Ratiskol
Pierre-Charles Ratiskol

Pierre-Charles est un artiste formé entre la France, la Belgique et Montréal. Après avoir exploré le dessin, la peinture, la photo, l’animation et le concept art, il s’est spécialisé dans la gravure, la peinture et la dorure sur verre. Ses œuvres consacrées à la Vierge Marie mêlent lumière, transparence, symbolique et minutie artisanale.

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